◼︎ KIMONOS DE CÉRÉMONIE

TOMESODE: KURO TOMESODE
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Le plus officiel de tous les kimonos.
Seules les femmes mariées le portent, lors de la cérémonie de mariage d'un enfant ou d’un parent proche par exemple. Entièrement noir avec des motifs continus brodés (aux fils d'or et d’argent) et/ou teints, limités à sa partie inférieure, il est ponctué par 5 emblèmes familiaux (
kamon) blancs, placés traditionnellement entre les omoplates, sur les deux manches et à l'avant, de chaque côté, sur le haut de la poitrine.
C'est à partir du début du 19e siècle que le kurotomesode prit sa forme actuelle et que son usage se répandit. Il se porte avec un maru-obi ou fukuro-obi , moins lourd et plus maniable, ornés de motifs classiques traditionnels et richement brodés.
Juban, obi-age, faux-col et petits accessoires sont blancs ou or. Le obijime est doré ou argenté.

TOMESODE: IRO TOMESODE
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Les motifs décoratifs figurent également sur la partie inférieure mais le tissu du kimono est de couleur unie (sauf noir). Porté au cours d’une cérémonie de mariage par les sœurs célibataires du couple de mariés et par les parentes, il convient également lors de soirées ou de cérémonies du thé exceptionnelles. Il peut comporter 1, 3 ou 5 blasons familiaux et c'est dans ce dernier cas qu'il sera le plus habillé.
UCHIKAKE
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Le uchikake est un long manteau aux larges manches, en soie matelassée. Son origine remonte à l’époque de Kamakura (1185-1333) où il était porté par les épouses des samurai.

Plus tard, au début de l’ère Muromachi (1333-1573), les femmes de la noblesse le portaient à partir du début mai jusqu’à la fin septembre. Il devint ensuite un vêtement d’hiver, fait dans un tissu épais (karaori), orné de broderies combinées à des feuilles d’or ou d’argent incrustées (nuihaku).
A partir du début de la période d’Edo, il est confectionné dans un satin damassé (
rinzu) blanc, rouge ou noir et décoré de riches broderies.
Le
kosode (kimono) porté sous le uchikake se nomme aigi et le obi qui le maintient, kakeshita obi.
Au cours du 18e siècle, le bas du vêtement fut garni d’une sorte de bourrelet rembourré qui l’empêchait de glisser des épaules.
De nos jours, le
uchikake est encore porté sur un kimono par les jeunes mariées, au cours de la cérémonie du mariage. Très ample, il reste ouvert. Les motifs représentent le plus communément des pins, des bambous, des grues, des fleurs de pruniers ou des tortues, qui symbolisent tous la longévité. La couleur rouge est dominante.

SHIROMUKU
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Cet ensemble (sous-kimono, kimono et uchikake) de mariée entièrement blanc symbolise ainsi la pureté de la jeune mariée, prête à accepter et à assimiler les us et coutumes de sa belle-famille. Les accessoires sont tous blancs (éventail, tabi, socques, cordelette de fermeture, obi...). Il existe des variantes avec quelques touches de rouge, couleur porte-bonheur par excellence.
FURISODE
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Ce kimono fit son apparition au début de l'époque d'Edo où il était réservé aux enfants et aux adolescentes (jusqu'à 18 ans). Les manches longues symbolisaient déjà la jeunesse.
Il semblerait qu'à partir de cette époque, la coutume voulait que les jeunes filles de plus de 18 ans et celles qui allaient se marier, coupent et raccourcissent les manches de leur
furisode qui devenait ainsi un tomesode. À travers ce geste symbolique, la jeune fille devenait ainsi une femme et la femme, une épouse. De plus, la jeune épouse conservait les manches coupées de son furisode pour confectionner un vêtement à son premier enfant.
De nos jours, occasionnellement, les jeunes femmes déjà mariées peuvent le vêtir mais il reste néanmoins le vêtement officiel de la jeune fille.
Les somptueux motifs brodés ou teints (thèmes saisonniers stylisés, faune et flore, paysages) et de couleurs vives qui couvrent l’ensemble du vêtement de soie en font un
kimono d'exception.
La terminologie varie avec la longueur des manches:
ôfurisode: 125 cm
furisode: 114 cm
chûfurisode: 87 à 106 cm
kofurisode: 76 à 86 cm
Les plus fréquemment portés sont les
chûfurisode (longueur des manches moyenne) lors d'événements comme le jour de la fête de la majorité (à 20 ans), la remise des diplômes universitaires, les mariages ou les soirées.
HÔMONGI
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C’est LE kimono habillé des femmes mariées ou célibataires qui le portent à l’occasion du mariage d'un(e) ami(e), d’une cérémonie du thé ou d’une soirée, par exemple.
Il est apparu à la fin de l'époque de Taishô (1912-1926). Jusque-là, les femmes disposaient de kimonos très voyants ou très sobres mais avec les changements dus à la modernisation du pays, les besoins vestimentaires évoluèrent. C'est le grand magasin Mitsukoshi qui le premier mit en vente un nouveau genre, le
hômonfuku (qui devint plus tard le hômongi). Le succès fut immédiat et la mode se répandit rapidement.
La disposition des motifs est variée: soit ils couvrent uniquement les épaules, les manches et le bas du vêtement, soit ils constituent un superbe ensemble harmonieux et ininterrompu sur toute la surface du vêtement (les coutures respectant le mouvement du motif). Les symboles traditionnels (grue, tortue, phoenix...) conviennent mieux aux événements officiels tandis que les dessins modernes ou la soie
tsumugi s'adaptent plutôt aux soirées ou sorties.
Autrefois, il était orné de 3 blasons familiaux, mais de nos jours il est remplacé par un seul emblème (au milieu des omoplates) ou en est complètement dépourvu.
TSUKESAGE
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Ce kimono est parfois difficile à distinguer du hômongi qu’il peut remplacer. Il convient également à l'occasion d'événements moins conventionnels (là où le hômongi serait trop habillé).
De plus, la sobriété des couleurs en font un "
must" des participantes à la cérémonie du thé.
Les motifs, parfois absents au niveau de l'encolure, restent plus discrets et n'offrent pas cette unité harmonieuse ininterrompue sur toute la surface comme c'est le cas pour le
hômongi.
Les motifs de l'ensemble sont tous orientés dans le même sens, à partir du bas du vêtement, vers les épaules (autrement dit les motifs situés à l'avant et à l'arrière du kimono regardent toujours vers le haut et ne sont jamais renversés, même chose pour les manches). Pour ce faire, les motifs ne sont pas teints une fois le montage du kimono (blanc) terminé comme pour le
hômongi.
Ici, les thèmes décoratifs sont reportés sur le tissu avant le montage du vêtement. Ils sont également conçus et dessinés de façon à ne pas être entravés par les coutures.
Ce vêtement fut imaginé au cours de la seconde guerre mondiale afin de remplacer le
hômongi, alors trop luxueux et trop voyant. Sa popularité ne s’est pas démentie par la suite.
MOFUKU
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Ce vêtement noir uni en soie est le plus souvent porté lors de funérailles. Il est orné de 5 blasons familiaux. Les accessoires (obi, obijime et sandales) sont noirs également. Le juban (sous-kimono) blanc est visible seulement au niveau du col et les tabi (chaussons) sont blancs. Autre kimono de deuil mais moins officiel: le kimono à armoiries, uni de couleur neutre (violet par exemple) associé à un obi noir.
À noter cependant que ces kimonos ne sont pas seulement portés lors des funérailles. Ils conviennent également lors de certaines cérémonies officielles (
natori) comme la remise du nom d'un maître à son disciple.

◼︎ KIMONOS DU QUOTIDIEN

TSUMUGI
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Les kimonos en tsumugi (pongé de soie) sont élégants, très appréciés, parfois luxueux et font partie de la catégorie des kimonos dits "tissés" (orimono), qui sous-entend que le fil de soie a été teint avant d'être tissé (il existe cependant des exceptions), contrairement aux kimonos confectionnés à partir d'un tissu blanc et teints par la suite (komon, hômongi...). Les motifs se profilent dans une continuité ininterrompue par les coutures. Les adeptes de ce genre de tissus sont de vrais connaisseurs.


Durant l'époque d'Edo (1603-1867), les différentes classes sociales étaient soumises à des règles sévères jusque dans la façon de se vêtir. En effet, la soie était réservée à la noblesse et aux guerriers. Cependant, les sériciculteurs se mirent à fabriquer pour leur propre usage, des tissus à partir de fils de soie de qualité moyenne, impossibles à commercialiser. Ces tissus qui laissaient apparaître des irrégularités à leur surface et qui ne ressemblaient en rien à de la soie (mais plutôt à du coton) furent alors très prisés par les classes inférieures (marchands, bourgeois) qui, grâce à cette ingéniosité, eurent alors la possibilité de porter en toute tranquillité un matériau qui leur était interdit.
De nos jours, le kimono en
tsumugi est considéré comme un vêtement ordinaire puisqu'il est fortement déconseillé de le porter lors d'un événement officiel, d'une cérémonie du thé ou d'une soirée (exception faite toutefois pour le tsumugi uni à un blason).

On distingue trois catégories de kimonos en
tsumugi :
les étoffes les plus raffinées et les plus luxueuses où se découpent des motifs traditionnels et pour lesquelles filage et tissage (environ 11 m) effectués à la main nécessitent plusieurs mois de travail comme le Yuki tsumugi, Oshima tsumugi ..., du nom de leur région d'origine. Ces techniques traditionnelles ont acquis une grande valeur et de tels kimonos sont devenus très prisés. Les prix ici atteignent ceux des vêtements de haute-couture.
les tissus à l’aspect plus grossier et plus irrégulier (dû aux imperfections du fil de soie) et dont les motifs sont dominés par les rayures et les carreaux. Ces caractéristiques en font un vêtement facile à porter et élégant: Yonezawa tsumugi, Ueda tsumugi....
les tsumugi unis ornés d'un blason et autrefois exclusivement réservés aux personnes d'un certain âge sont actuellement très appréciés des plus jeunes en raison de leur côté pratique.

IROMUJI
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Un must discret que toute Japonaise doit avoir dans sa garde-robe. De couleur unie et sobre, sans aucun motif, le tissu du iromuji peut être un tsumugi, un chirimen (crêpe) ou un satin traitée à la façon d'un damas (rinzu). Cette sobriété le rend très pratique et il reste un élément basique de la garde-robe d'une pratiquante (mariée ou pas) de la cérémonie du thé par exemple .
Ce kimono se distingua après la seconde guerre mondiale avec les changements de la société japonaise et notamment ceux du système éducatif. En effet, nombreuses furent les mères qui l'adoptèrent pour assister aux cérémonies d'entrée aux écoles ou de remise de diplômes.
La présence de blasons familiaux (1, 3 ou 5) brodés ou teints est fréquente et lui confère un statut plus ou moins officiel. La présence de 3 ou 5 blasons (
kamon) l'élève au rang du irotomesode. En revanche, si un iromuji ou un hômongi arborent un blason unique, c’est le hômongi qui sera plus habillé.
Les
iromuji les plus couramment portés ne comporte qu'un seul blason. S'il est de couleur noire et unie, orné de 5 emblèmes, il peut également convenir à l'occasion de funérailles (en dehors de proches parents).
KOMON
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Ici, les motif sont teints à la main ou au pochoir (katagami), le plus souvent. Ils sont de petite taille et répétés régulièrement sur toute la surface du vêtement (les éléments géométriques des dessins sont parfois si petits et réguliers que, vus à une distance de 2 ou 3 mètres, le tissu semble être uni).
Ce type de kimono est très pratique et se porte aisément au quotidien. En effet, le choix des accessoires et du
obi est plus aisé et moins strict que dans le cas des autres kimonos plus habillés où tout est codifié selon des règles précises. Il laisse ainsi une plus grande place à l'imagination. Rehaussé d’un élégant obi et d'accessoires judicieusement choisis qui ajouteront une touche originale à l'ensemble, il est parfait pour une sortie, une réunion amicale ou une soirée théâtrale. Un élégant komon bien accessoirisé vaut amplement un iromuji.

Les techniques de teinture sont nombreuses et offrent une gamme variée (Edo-komon,
Kaga komon, Kyôkomon, bingata, sarasagata, rôketsuzome, shiborizome...).
A l'origine, les motifs
edokomon figuraient sur les vêtements des guerriers (kamishimo), et représentaient le fief auquel ils appartenaient, facilitant ainsi leur identification.
À partir de la moitié de la période d'Edo (1603-1868), les
kimonos et les haori de type komon devinrent très à la mode parmi les gens du peuple et la diversité des dessins et motifs s'amplifia (plantes et animaux stylisés, éléments porte-bonheur, compositions donnant lieu à des jeux de mots...).
YUKATA
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Yukata est l'abréviation du terme yukatabira qui désignait un kimono d'été en tissu fin et léger dont les nobles de la période de Heian (794-1185) se drapaient à l'entrée et au sortir du bain. Les guerriers du Moyen-Age le portèrent en sous-vêtement et finalement, le yukata se popularisa au cours de la période d'Edo pour devenir un vêtement à part entière .
Toujours en coton, il est porté de nos jours à l'occasion des festivals (
matsuri) uniquement en été par les hommes et les femmes, dans les auberges traditionnelles (où il est mis à la disposition de la clientèle) ou les établissements de cures thermales (onsen).... Les Japonais aiment également porter leur yukata le soir en rentrant chez eux ou pour dormir. Dans ce dernier cas, il est de facture plus simple et il se ferme à l'aide d'une ceinture étroite ordinaire.
Traditionnellement bleus et blancs (fond blanc et motifs teints à l'indigo ou vice versa), les yukata présentent actuellement une gamme infinie de couleurs et de motifs et séduisent de plus en plus une clientèle jeune. Les motifs classiques, teints à l’aide de pochoirs, sont représentatifs de la saison estivale: volubilis, libellules, gouttes d'eau, éventails, motifs traditionnels de kabuki...
Le
yukata s'accompagne d'un obi étroit (han haba obi) ou d'un nagoya obi d'été.