Dernière publication le 19 juin 2017

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梅雨 [tsuyu]

La saison des pluies a commencé officiellement aujourd'hui 19 juin 2017 dans les îles d'Okinawa et progressera vers le nord de l'archipel pour atteindre Tôkyô autour du 22 juin. Seule l'île de Hokkaidô sera épargnée.
Les chaînes TV informent leur public dans les détails tout comme lors de la floraison des cerisiers ou du rougissement des feuilles d'érables en automne.
La tsuyu marque aussi le début de la floraison des hortensias (ajisai). En profiter pour visiter les jolis jardins fleuris des temples, au hasard, celui du Hasedera à Kamakura !
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侘茶 [wabicha]

Actuellement et jusqu'au 4 juin 2017, au musée de Ueno à Tôkyô, se tient une magistrale expo sur les arts de la cérémonie du thé "Chanoyu". L'engouement pour cette pratique chinoise fut introduite au 12e s. par des moines bouddhistes et s'étendit tout d'abord auprès des guerriers de haut rang et de l'aristocratie qui commencèrent à collectionner les ustensiles chinois karamono hors de prix. Au 16e s., Sen no Rikyû perfectionna un style plus sobre (wabicha), considéré comme une forme d'esthétisme visant à un retour à la simplicité avec la capacité de s'émouvoir devant l'imperfection et la modestie des choses.
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法被 [happi]

Au cours des matsuri où sont célébrées les divinités shintô d'un sanctuaire, les participants et membres de la communauté portent le mikoshi (palanquin sacré) à travers les rues du quartier. Ce passage a pour but de purifier les lieux, d'évacuer les impuretés et de régénérer les forces vitales. La plupart des participants portent pour l'occasion un happi, une veste en coton colorée sur laquelle est imprimée dans le dos le blason représentatif du quartier auxquels ils appartiennent. Ce sont les guerriers (bushi) qui ont commencé à porter des vêtements ornés de grands blasons, puis la mode s'est répandue auprès des artisans et des pompiers de quartier.
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祭り [matsuri]

Du 13 au 15 mai a lieu dans le quartier de Kanda à Tôkyô, un des trois plus grands matsuri du Japon. Il date de 1600 et témoigne de la victoire de Tokugawa Ieyasu à Sekigahara. Ces fêtes saisonnières des villes se distinguent des célébrations du cycle agraire en ce qu'elles revêtent un faste inconnu dans les rites de villages. Ce sont des processions de centaines de personnes, des danses, des chars décorés et des mikoshi (sanctuaires portatifs qui hébergent les divinités et qui sont portés et présentés à l'extérieur).
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八十八夜 [hachijûhachiya]

Selon le calendrier lunaire, le printemps arrive le 88e jour après risshun, c'est à dire le 2 mai. En théorie, les gelées ne présentent plus de danger et l'on peut procéder aux premières récoltes de thés d'exception, appelés aussi thés du 88e jour. Ces thés primeurs aux saveurs intenses sont très attendus et sont l'objet de festivités dans les régions théicoles traditionnelles (Sayama à Saitama, Uji et Shizuoka).
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鯉のぼり [koi nobori]

"Le mythe sans doute le plus répandu tant en Chine qu'au Japon est celui de la carpe qui remonte le courant et qui parvient au prix d'un effort inouï, à se transformer en dragon. Il s'agit là d'une métaphore illustrant les longues et pénibles études des candidats à la fonction de lettrés, qui, lorsqu'ils parviennent à surmonter les difficiles épreuves des examens impériaux, entrent en fonction au service du dragon personnifié, l'empereur lui-même".
Fondation Baur, extraits.

5 mai: fête des enfants et des garçons.
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東福寺 [Tôfuku-ji]




Pluie d'averse
Sans un bruit sur la mousse
Me reviennent les choses du passé

Yosa Buson

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ランドセル [randoseru]

En avril, c'est la rentrée des classes. Les petits Japonais qui entrent à l'école primaire portent tous fièrement un gros cartable sur le dos, le fameux randoseru (déformation du mot ransel, nom du paquetage importé des Pays-Bas à l'époque d'Edo et porté par les soldats). La tradition veut que les grands-parents offrent ce premier cartable (prix moyen: 500 euros ! ). Il s'agit là d'un véritable symbole qui marque le début de la scolarité et qui fait le bonheur des magasins spécialisés !
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快慶 (~1226) [Kaikei]

Sculpteur renommé de la période de Kamakura, Kaikei fut à l'origine d'un nouveau style (annami), basé sur le réalisme en vigueur de l'école Kei auquel il ajouta sa touche personnelle faite de délicatesse et de grâce. Durant les siècles qui ont suivi sa mort, son style fut copié et recopié à un point tel qu'il en perdit toute la beauté et le rayonnement des origines.
Exposition au musée national de Nara du 8/4 au 4/6/2017.
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燕子花図 [Kaki tsubata zu]

La floraison de cette variété d'iris d'eau a lieu en avril-mai. Le musée Nezu (Tôkyô) abrite l'oeuvre magistrale d'Ogata Kôrin peinte sur deux paravents (1702). La composition simple, répétitive et rythmique préfigure un style moderne et graphique. Les couleurs: bleu, vert et or. Une visite dans le sublime jardin s'impose ensuite pour y admirer les iris en fleurs mais en vrai, cette fois !
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花祭り [Hana matsuri]

"Le ciel, la terre et moi formons un seul et même être" aurait dit le Bouddha au moment de sa naissance, un 8 avril il y a 2500 ans. Ces statuettes "tanjô-butsu" (naissance de Bouddha) sont représentées bras droit levé pointant le ciel du doigt et bras gauche baissé vers la terre, paume de face. Lors de cette fête des fleurs (hana-matsuri), elles baignent dans un bassin rempli de thé sucré que les fidèles puisent à l'aide d'une louche en bambou pour en arroser la statuette.
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永日小品 [Eijitsu shôhin]

Natsume Sôseki publia en 1909, "Petits contes de printemps".
"…Et nous nous sommes retrouvés tous les deux, perdus au milieu d'une vaste rizière, comme abandonnés. Le regard ne distingue rien autre que la pluie. Mon oncle soulève légèrement le bord de son chapeau et lève la tête vers le ciel. Le ciel est austère, fermé comme le couvercle d'une jarre de thé. De cette surface hermétiquement close tombe la pluie, interminablement".
Il dira plus tard à propos de cette publication: "Je vais aborder des sujets si ténus que je dois bien être le seul à m'y intéresser".
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弥生草間 [Yayoi Kusama]





Expo magistrale de Yayoi Kusama, "My eternal Soul".
Expo du 22/2 au 22/5 2017 au National Art Center à Tôkyô (Mº Nogizaka).
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七草 [nana kusa]

Les 7 herbes du printemps se consomment mélangées à une soupe de riz nanakusa-gayu (七草粥), juste après les festivités du Nouvel an, le 7 janvier.
Ces herbes sauvages fraichement ramassées et coupées (céleri chinois, bourse à pasteur, gogyô, morgeline, hotokenoza, navet et radis blanc) sont supposées apporter force et santé.
Une façon de commencer l'année sainement…
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お彼岸 [o-higan]

Cette fête qui trouve son origine dans le bouddhisme correspond aux équinoxes de printemps et d'automne. A cette occasion, les Japonais se rendent sur la tombe de leurs ancêtres (お墓参り o-hakamairi) pour y prier et y déposer fleurs et encens.
Le o-hagi, un petit gâteau traditionnel à base de pâte de riz et de haricots rouges est consommé pendant ces quelques jours.
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物の哀れ [mono no aware]

Ce concept esthétique qui traduit "l'émouvante intimité des choses" exprime une sorte de "poignance" et de tendresse envers elles, liées au sentiment de leur impermanence. Dans l'aware, il n'y a pas à proprement parler de douleur mais de la tristesse et de la beauté.
Cette beauté qui provoque de la tristesse est étroitement liée à la fugacité de ce qui nous entoure, aux saisons et par là même à la brièveté de la floraison.
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春画 [shunga]

Les images de printemps shunga ont connu leur âge d'or au cours des années d'Edo (1603-1868). D'origine chinoise, elles auraient été utilisées dans un but médical.
Un rôle protecteur contre les mauvais esprits et les catastrophes leur a également été attribué. Ainsi, les guerriers les cachaient-ils sous leur armure et les marchands les plaçaient-ils dans leurs entrepôts afin de protéger leurs biens contre les incendies notamment.
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たんぽぽ [tanpopo]

La fleur de pissenlit (tanpopo) est un motif printanier très populaire au Japon. C'est aussi le titre d'un film de Itami Jûzô, sorti en 1985, et où il est beaucoup question de nouilles…
Sa mort en 1997 à Tôkyô est encore controversée (suicide ? assassinat commandité par la pègre ?).
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早春 [sôshun]

"Printemps précoce", film de Yasujirô Ozu, sorti en 1956.

"Les films d'Ozu parlent du long déclin de la famille japonaise, et par là même du déclin d'une identité nationale".

Wim Wenders