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彼岸花 [higanbana]

Film réalisé par Yasujirô Ozu (1903-1963) en 1958 et sorti en France en 1969, "Fleur d'équinoxe" nous conte encore une fois une histoire de conflits entre parents et enfants, un thème récurrent chez le réalisateur.
Dans ce premier film coloré du cinéaste, les touches de rouge notamment, évoquent ces fleurs qui apparaissent à l'équinoxe d'automne aki higan, une fête dédiée aux défunts qui marque également la séparation définitive avec les êtres qui nous sont chers…
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彼岸花 [higanbana]

À la mi-septembre, un peu partout, on peut voir fleurir ces magnifiques fleurs higanban (lycoris radiata ou fleur d'équinoxe) d'un rouge éclatant. Cette plante est réservée au culte des âmes défuntes et il serait de très mauvais augure d'en faire un autre usage. On les retrouve donc sur les tombes mais jamais dans un bouquet destiné à une personne encore en vie !
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晩夏 [banka]

Au soir de l'été (banka), quand les chants des insectes se font plus discrets, que la chaleur étouffante s'apaise faisant place à une douce fraîcheur, on se réjouit alors des petits plaisirs gustatifs saisonniers: raisin, kakis trop mûrs, figues, champignons shiitake, matsutake

"Sur une branche nue
un corbeau est descendu
le soir d'automne"
Matsuo Bashô (1644-1695)
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蝉 [semi]

"La ronde des quatre saisons, dont les caractéristiques propres se renouvellent dans un ordre immuable, a une grande importance au Japon. Elle marque le cycle périodique de la vie, qui se reflète jusque dans la nourriture.
Les Japonais basculent définitivement dans la période estivale tandis qu'apparaissent les premiers chants des cigales. Il est alors temps de remplacer les vêtements du printemps par ceux de l'été et de préparer du thé de blé froid et des nouilles glacées afin de résister au mieux à la chaleur humide". Intro de l'article "Aburazemi, cigale du Japon".

❤️ Avis aux passionnés: un article détaillé pour tout savoir sur les cigales du Japon, aburazemi.

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夏着物 [natsu kimono]

Les kimonos d'été (natsukimono) sont réalisés dans des tissus légers, fluides ou ajourés toujours confortables et élégants: soie ro, soie sha, ra pour les obi, lin très fin et luxueux (jôfu). D'autres tissages réalisés à partir d'une grande variété de fibres végétales (lin, chanvre, ramie, feuilles de bananier…) font partie d'une tradition ancestrale et régionale. Le travail de ces matériaux naturels désormais considérés comme des produits de luxe pouvaient atteindre un tel degré de finesse qu'il était parfois impossible de les distinguer d'un tissu de soie.
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幽霊 [yûrei]

Parmi les fantômes et autres spectres japonais, les yûrei. Habités par la vengeance et la colère, ils sont souvent morts de mort violente (guerriers) et n'ont pu atteindre le paradis bouddhique. Ils apparaissent sous une forme humaine, à certaines heures de la nuit (entre 2 et 3h), dans les cimetières ou sous un saule et en cas de rencontre, il suffit parfois d'écouter leurs plaintes et de les apaiser pour les voir disparaître.
Les histoires de fantômes sont particulièrement appréciées au cours de la saison chaude où tout les moyens sont bons pour se rafraîchir et frissonner !
Chaque année, à Yanaka (Tôkyô), au temple Zenshô-an, la collection de rouleaux peints du rakugo-ka Enchô Sanyûtei est exposée. Ambiance…
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正岡子規 [Masaoka Shiki]

Écrivain et poète, Masaoka Shiki (1867-1902) connaît très tôt la célébrité grâce à ses haiku et waka. Il cherche à approfondir un genre porté à la perfection par Bashô. Le haiku n'exprime pas les sentiments ni la sensibilité élégante de l'aristocratie mais la comédie, la satire des petites gens au quotidien.
Fondateur de la revue Hototogisu, soutenue par de nombreux cercles poétiques et consacrée au renouvellement du haiku. L'esthétique de Shiki est une poétique de la rencontre: il aime marcher,toucher, regarder éprouver la saveur du réel.
Malade vers 30 ans, il continue néanmoins à publier.

"Solitude
après le feu d'artifice
une étoile filante".
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かき氷 [kakigôri]

Voici sans aucun doute LE dessert de l'été !
Une sorte de granité à base de glace finement râpée au couteau (pour la version luxe) sur laquelle on ajoute des sirops colorés, du lait condensé, des jus de fruits, du thé vert sucré etc… La pureté et la provenance de la glace détermine la qualité de l'ensemble.
Déjà au cours des années Heian (794-1185), Sei Shônagon en faisait mention dans son recueil "Notes de chevet", dans le chapitre consacré aux choses élégantes: "Dans un bol de métal neuf, on a mis du sirop de liane (amazura) avec de la glace pilée…".
Une douceur réservée alors à la noblesse seulement.
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花火 [hanabi]

La saison des feux d'artifice est ouverte. Les hanabi ("fleurs de feu") ont lieu en ville et à la campagne et les plus importants déplacent un public considérable que même la pluie n'arrête pas ! Le plus ancien et le plus grandiose de Tôkyô (Sumida taikai) date de 1733.
Hanabi, c'est aussi un film de Kitano Takeshi. L'histoire d'un flic usé par les drames de sa vie et au bord du gouffre…À voir.
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«Éloge du peu»

«J’étais à la recherche d’un logement quand, séduit par le bois patiné et les vitres incrustées de motifs de bambou de cet appartement au charme désuet, je l’ai loué sur-le-champ. J’avais décidé de ne pas trop dépenser pour me loger, de ne pas laisser le champ libre à l’argent roi; l’appartement, dépourvu de salle de bain, était équipé de toilettes à la mode japonaise, peu appréciées de nos jours.
C’était un logement plutôt sombre, baigné seulement par les rayons du soleil couchant, mais qui disposait heureusement d’un jardin d’une dizaine de mètres carrés où j’ai installé un fût que je remplissais d’eau avec un tuyau d’arrosage ; l’été, c’est là que je faisais mes ablutions, dans mon jardin-salle de bain».
Koike Ryûnosuke
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葛きり [kuzukiri]

Ce dessert raffiné à base d'arrowroot (racine de kuzu) particulièrement apprécié au plus chaud de l'été a l'apparence de nouilles plates transparentes 😳… Il est assez fade et doit être arrosé d'une sauce sucrée à base de miel ou rehaussé de fruits. Raffraichissant en été, le kuzu a d'autres vertus thérapeutiques et il fait partie de la panoplie des remèdes populaires (contre le rhume, troubles digestifs…) que tous les Japonais connaissent !
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蓮 [hasu]

Jardin du temple Renge-ji (1630) à Yanaka, reconnaissable à son portail laqué rouge. Ici, les saisons se déclinent au rythme de la flore: pruniers, pivoines, lotus…
"S'apprêtant à couper
un lotus blanc
le moine hésite."
Buson (1716-1783)

白蓮を
切らんとぞおもふ
僧のさま
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西瓜 [suika]

La pastèque suika, fruit incontournable de l'été japonais. Délicieusement rafraîchissante, délicatement sucrée juste comme il faut (amami ga arimasu !), suika fait partie de ces nombreux mots clés qui évoquent immédiatement l'été pour tous les Japonais: hanabi (feux d'artifices), furin (clochette), yukata, higasa (ombrelle), bon-odori (danses saisonnières)…
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浴衣 [yukata]

Les matsuri de l'été sont l'occasion idéale pour porter un yukata. Couleurs toniques et motifs saisonniers librement inspirés de thèmes immuables ou tout à fait originaux et déjantés.
Hier à Iriya (Tokyo), asagao-ichi, marché annuel du volubilis, de l'ipomée et autres belles de jour avec yukata pour tous les goûts !
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七夕 [tanabata]

Difficile de faire l'impasse sur cette fête majeure de l'été ! Fête des étoiles associée à une légende ancestrale, d'origine chinoise et introduite au Japon dès l'époque de Heian: au cours de la nuit du 7 juillet, les deux étoiles de la tisserande (Véga) et du bouvier (Altaïr) peuvent se rencontrer sur les eaux de la rivière du ciel (Voie lactée) sur un pont formé par l'aile d'une pie. Contrariées dans leur passion commune, les deux étoiles obtinrent de l'empereur du ciel, la permission de se rencontrer une fois par an, en cette nuit d'été. L'occasion de rédiger des poèmes (des souhaits actuellement) sur des bandes de papiers colorés et de les accrocher à des mâts de bambous.
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水無月 [minazuki]

Minazuki désigne le mois de juin selon l'ancien calendrier lunaire. À l'époque d'Edo et selon une coutume de Heian, le 1er jour de juin, les grands seigneurs donnaient à leurs vassaux des gâteaux de riz conservés par congélation (fête saisonnière des glacières). Il s'agissait de consommer des objets durs pour se renforcer les dents et le corps afin de rester en bonne santé.
À Kyôto de nos jours, le 30 juin, au cours des rites de purification qui se tiennent dans les sanctuaires afin de continuer à rester en bonne santé les 6 derniers mois de l'année, la consommation de wagashi triangulaire (minazuki) est de rigueur. La pâte de riz blanche évoquerait la glace d'autrefois et les azuki (haricots rouges) seraient censés éloigner les démons.
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うちわ [uchiwa]

Accessoire indispensable de l'été: l'éventail (ôgi). Plat (uchiwa) ou pliant (sensu), au choix. Le nom change avec la forme.
A l'origine, en Chine et au Japon, usage réservé aux dignitaires et objet de culte et de pouvoir. Au Moyen-Âge, l'éventail pliant est plutôt réservé aux nobles de la cour et aux aristocrates, l'éventail plat, aux moines et aux lettrés.

Portrait, Kuroda Seiki (1866-1924).
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夏至 [geshi]

Aujourd'hui 21 juin, solstice d'été, jour le plus long de l'année (geshi) et début de la saison des pluies (tsuyu). Pour décrire la pluie, une foultitude d'expressions: des gouttes commencent à tomber (potsu-potsu) et annoncent l'averse. Soit une pluie fine s'installe (shito-shito), soit il commence à pleuvoir plus fort (para-para) et si en français il pleut des cordes ou à seaux, en japonais ce sera zaa-zaa pour désigner une forte averse qui risquera de nous tremper et de nous laisser bisho-bisho.