Le hakama est une sorte de jupe-culotte plissée, portée par les hommes et occasionnellement par les femmes. De nos jours encore, le montsuki-hakama est la tenue masculine la plus officielle, réservée aux occasions exceptionnelles. Elle se compose d'un kimono à cinq armoiries (kamon) et d'un hakama sur lesquels on revêt une veste haori, ornée également de cinq blasons identiques à ceux du kimono.


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Au cours des 5e et 6e siècles, le vêtement japonais masculin officiel (kinuhakama) se composait de deux parties, une veste (kinu) fermée par une cordelette sur le côté et un hakama qui ressemblait alors à un pantalon ample resserré en dessous du genou par un lien noué autour de la jambe. La tenue des femmes consistait en une veste resserrée à la taille par une ceinture et une jupe longue plissée () à la place du hakama (kinumô).
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Plus tard, durant les périodes d’
Asuka et de Nara (7e-8e siècle), alors que le Japon était sous influence chinoise, la noblesse adopta de longues robes de cour d’inspiration continentale () qui descendaient jusqu’au-dessous du genou, recouvrant ainsi plus de la moitié du hakama devenu plus étroit. Il existait alors deux types de hakama: l’un s’ouvrait sur le devant grâce à deux cordelettes que l’on enroulait autour de la taille et que l’on nouait de chaque côté ensuite, l’autre présentait une large ouverture sur la gauche et se fermait simplement sur un seul côté.
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Au cours de la période de Heian (794-1185), ces deux modèles de hakama furent portés ensemble (le uehakama blanc, au-dessus, et le ôguchi, rouge, en-dessous) avec la tenue de cour sokutai.
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Les gens ordinaires adoptèrent une tenue plus pratique et mieux adaptée à leurs activités quotidiennes: le hakama fut alors pourvu de deux larges ouvertures de chaque côté, et maintenu en place par des liens qui se nouaient à l’avant et à l’arrière. De plus, un lien fixé au bas de chaque jambe permettait d’en diminuer l’ampleur rendant ainsi les mouvements plus aisés.
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Ce vêtement très pratique fut adopté par la noblesse et fit partie intégrante des différentes tenues comme le nôshi, le kariginu...
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Quant aux guerriers, ils en apprécièrent également le côté fonctionnel et en firent l’élément essentiel de leurs tenues (kamishimo, suikan, hitatare).
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Au cours du
Moyen-Age et de la période d’Edo, les femmes de la noblesse et des familles de bushi ne portèrent le hakama qu’à l’occasion de cérémonies ou d’événements particuliers (uchigi yôshiki).
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La période d'Edo (1603-1867) apporta quelques modifications: l'ampleur de la partie inférieure devint plus importante que celle des hanches et l’on adapta dans le dos une planchette de bois (koshiita) qui poussait une partie des vertèbres lombaires vers l'avant. L’aspect actuel du hakama naquit à cette période.
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Passé sur le kosode, le hakama faisait partie de la tenue ordinaire de la classe des bushi (guerriers).
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C’est aussi à l’époque d’Edo qu’apparurent d’autres types de hakama (umanori bakama, nobakama, fungomi hakama, tatsutsuke hakama...) dans une grande variété de tissus.

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Le andon hakama (sans entrejambe cousu, ressemblant ainsi à une jupe) fut très à la mode parmi les étudiantes du début de Meiji (1868-1912) et de Taishô (1912-1926).

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De nos jours, cette tenue est toujours d'actualité puisque les étudiantes le portent le jour de la remise de leur diplôme de fin d'études.
Le hakama présente cinq plis à l'avant qui, selon la pensée chinoise, constituent le groupe des cinq vertus principales: nin, gi, rei, chi, shin (bienfaisance, équité, sens du protocole, sapience, probité). L’unique pli arrière représente la voie de la sincérité. Les plis centraux sont un peu plus courts que les plis latéraux, et favorisent ainsi le déplacement.
De nos jours, hormis pour la pratique des arts traditionnels (danse, cérémonie du thé, nô) et des arts martiaux, les occasions officielles de porter un
hakama sont assez rares (cérémonies, mariages, remise de diplômes...).
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Tenue officielle classique (kimono et haori à cinq armoiries et hakama rayé).
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Prêt pour une cérémonie du thé. La tenue est sobre: pas de kamon sur le haori.