La tenue masculine de base se résume au kimono fermé par un obi (ceinture) auxquels peuvent se rajouter un haori (veste) et un hakama (sorte de longue jupe à plis). La tenue devient alors plus habillée ou formelle. Sa forme actuelle date de la période d'Edo.

LES DÉTAILS
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Les tissus de kimonos se présentent en rouleaux d'environ 38 cm de large et 11-12 m de long.
1️⃣ Le yuki désigne la longueur de la manche et se mesure à partir du milieu du col jusqu'au bord de la manche qui descend alors jusqu'à la petite protubérance présente de chaque côté du poignet.
2️⃣Lors de l'habillage, la bonne position du col kake-eri doit s'ajuster à la couture du milieu du dos se-chûshin.
5️⃣Une fois le kimono porté, cette extrémité du col eri-saki dépasse légèrement sous le obi.
3️⃣La partie avant uwa-mae se positionne au-dessus du côté droit et ferme le kimono. Les côtés s'inversent (le uwa-mae est alors placé sous le côté droit) pour les tenues réservées aux défunts.
4️⃣Les kimonos masculins de comportent pas de plis ohashori à la taille comme c'est le cas pour les kimonos féminins. Ils sont donc plus courts. Le juban ne doit en aucun cas dépasser de l'ourlet.
6️⃣La couture centrale du dos se place bien au centre, sans dévier.
7️⃣Couture latérale.
8️⃣Le mitake est la longueur du kimono mesurée sous le col jusqu'à l'ourlet.
9️⃣Largeur de manche.
🔟Largeur mi-dos au niveau des épaules. Plus bas vers l'ourlet, cette partie se nomme ushiro-haba.
MATIÈRES ET STYLES
Il convient tout d'abord de distinguer les kimonos teints et les kimonos tissés qui ont chacun leur spécificité, leur statut et leur emploi.
1️⃣KIMONOS TEINTS
Les fils de soie blancs sont tissés en rouleaux (
tanmono) de tissu blanc puis teints. Le tissu est soit uni soit agrémenté de motifs divers nécessitant plusieurs techniques dont les principaux représentants sont: teinture yûzen, shibori, teinture à la cire, au pochoir… Ces kimonos teints occupent le statut le plus élevé dans la hiérarchie des différents types de kimonos. Le plus officiel étant le kimono noir (kuromontsuki) à 5 kamon réalisé à partir de taffetas blanc teint en noir, suivi du kimono en soie chirimen.

2️⃣KIMONOS TISSÉS
Les fils de tissage (soie, lin…) sont ici directement teints puis tissés et les divers tissages obtenus sont classés selon un ordre bien défini selon leur statut (semi-formel, habillé, quotidien,casual) et la présence ou non de
kamon : soie omeshi, soie tsumugi, lin, coton…

LA GRANDE TENUE

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Un kimono et un haori noirs, en taffetas, ornés 5 kamon (blasons) et associés à un hakama rayé (kuro-montsuki-bakama) constituent la tenue la plus officielle de la garde-robe masculine qui se porte principalement lors des cérémonies de mariage ou d'événements très officiels. Ce statut fut défini à la fin du 19e siècle.
La doublure du haori est unie. Les
kamon teints sont de type hinata-mon (le motif est plein sans contour tracé). Les accessoires sont blancs (juban, tabi, himo, éventail). Le obi est blanc avec un motif hakata ou tissé uni de belle qualité. Lors de funérailles, hakama et accessoires peuvent être noirs.
Cet ensemble est l'équivalent du
morning suit, de l'habit, du queue-de-pie…

Une version colorée kimono-haori-hakama (
iro-montsuki-bakama) comportant 1, 3 ou 5 kamon existe également. Si l'ensemble kimono-haori est en taffetas dans des nuances colorées classiques (bleu, gris) avec un hakama est rayé (sendai-hira hakama), la tenue est considérée comme officielle et correspond au smoking.

Une variante semi-officielle à 1 ou 3
kamon existe également. Dans ce cas, le taffetas est remplacé par de la soie omeshi ou chirimen et le hakama coloré est uni ou rayé.
La tenue devient simplement habillée si par exemple le
himo du haori et le faux col du juban ne sont pas blancs mais colorés ou si on ne porte pas de haori.

SOIE CHIRIMEN

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La soie chirimen, comme le taffetas, est teinte à partir du tissu blanc. Les fils ont été vrillés avant le tissage pour obtenir cet effet ondulé si particulier. Sa texture est douce et soyeuse. Les kimonos en soie chirimen font partie des kimonos formels ou semi-formels (selon la présence ou non de kamon) car les tissages teints sont toujours plus habillés que les tissus teints au fil.
Ils sont l'équivalent des
business suit (complet droit ou complet classique).

KIMONOS TISSÉS

SOIE OMESHI

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La technique de tissage est identique à celle de la soie chirimen mais ici, les fils de soie de haute qualité sont teints avant le tissage. Ces kimonos étaient portés à l'origine par les guerriers de la période d'Edo (kamishimo). Ils sont considérés comme les kimonos les plus élégants au sein de la catégorie des kimonos tissés.
Le tissu offre une bonne résistance avec un effet plus ou moins brillant.
Très en vogue dès la fin du 19e s.
Ils sont l'équivalent des
shiny suits (complet avec brillance) qui ne se portent pas au quotidien mais pour des soirées par exemple.

SOIE TSUMUGI

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Les kimonos en soie tsumugi sont les principaux représentants des "kimonos tissés". La tenue est qualifiée de casual chic et son usage est large selon que le kimono est assorti ou non d'un haori et d'un hakama.

Un kimono en soie
omeshi ou tsumugi (voire en coton) porté avec un haori orné ou non d'un seul kamon) et un hakama en soie tsumugi par exemple, coloré uni et/ou finement rayé, passe à un niveau supérieur: la tenue devient alors formelle ou habillée et conviendra pour des soirées ou des événements variées, correspondant au costume noir (ou director suit).
Un point important concerne la couleur des accessoires
(himo du haori, tabi, lanières des sandales) et selon les nuances, le tenue peut-être "reléguée" au simple costume avec chemise blanche et cravate.
Pour faire court, le statut du kimono varie selon l'ajout d'un
hakama et d'un haori avec ou sans kamon.
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L'image de gauche montre un ensemble, c'est à dire un kimono et un haori taillés dans un tissu identique. C'est souvent la première tenue traditionnelle (en soie tsumugi, ôshima…) que les Japonais acquièrent en raison de son côté pratique et modulable qui permet de créer plusieurs look en un !
Le kimono peut se porter seul sans haori, fermé par un obi étoit (
kaku-obi) ou un obi de type heko-obi ou avec un hakama.
Selon le choix des accessoires et de leurs couleurs, l'ensemble qui est l'équivalent d'un costume porté avec une cravate, convient aux sorties en ville, à une représentation de théâtre
kabuki par exemple, à la pratique des arts traditionnels (keikogi) ou pour rendre visite à un proche ou sortir entre amis.
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Cette version décontractée réunit ici un kimono avec un haori de couleur et/ou de matière différentes. On ne parle plus ici d'ensemble et le style est plus quotidien (veste et pantalon avec écharpe) et plus casual. On assemble, on assortit selon ses goûts et la créativité est de mise !
Un kimono en soie
omeshi ou tsumugi pourra être assorti d'un haori en soie chirimen, douce et souple au toucher dans les couleurs que l'on aime pour se rendre au club de haiku ou à une soirée au restaurant avec des amis. C'est aussi l'occasion de choisir des couleurs et des motifs originaux pour les accessoires (obi, himo, tabi, sac…)
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Tenue décontractée du quotidien (kinagashi) pour un moment privé: un kimono et un obi seulement. On oublie hakama et haori. C'est le moment où on tombe la veste, on dénoue la cravate et on respire enfin ! La tenue est simple mais pas "débraillée": on n'oublie pas les détails avec quelques touches colorées et chic: juban et faux col coloré, joli obi, tenugui, sandales et tabi, pochettes etc… pour une petite ballade dans le quartier en faisant quelques courses !

KIMONO D'ÉTÉ (lin, fibres végétales, laine d'été…)

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Ces kimonos tissés dans des matières nobles (lin, fibres de bananier bashô-fu…) se portent uniquement en été. Parmi les différentes qualités existantes, les luxueux tissages jôfu sont les plus remarquables et leur prix peuvent atteindre des sommets !
Les costumes d'été en lin ou coton (style
seersucker) sont assez proches et donnent un look décontracté tout en restant classique.

KIMONO EN COTON ET YUKATA

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Les kimonos d'été et les yukata en coton ne sont pas doublés et sont l'équivalent d'un T-shirt sur panta-court, bermuda ou jeans.
Même en été, attention aux détails qui font immédiatement la différence. Il est fréquent de penser que le yukata est plus facile à mettre qu'un kimono mais ce n'est pas vraiment le cas ! Les tissus de kimono sont souples, fluides et plus faciles à manipuler que les
yukata en coton.
Le
yukata se porte surtout en été pour se rendre aux fêtes saisonnières (matsuri) ou pour admirer les feux d'artifice si populaires. Les plus classiques sont blancs et bleu indigo mais les variantes colorées sont innombrables. Les tabi (chaussons) ne sont pas nécessaires avec un yukata sauf pour se rendre à un matsuri ou pour pratiquer les arts traditionnels qui exigent de porter des tabi blancs.