Durant la période de Taishô (1912-1926), les kimonos continuaient à être portés par les femmes de la classe moyenne dans les villes et les campagnes.
Influence occidentale et tradition japonaise se développèrent dans un contexte florissant. Les motifs des kimonos acquirent alors un air occidental et moderne: autrefois minuscules et répétitifs, ils furent remplacés par des formes dynamiques (influence du style art déco dans la symétrie et la ligne) et connurent une vogue sans précédent.


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Un air de modernité caractérisait les motifs des vêtements de cette époque qui présentaient trois traits principaux (les deux premiers étant déjà présents à la fin de la période de Meiji):
- des motifs japonais traditionnels représentés dans un style occidental
- des motifs occidentaux figurés tels quels, sortis tout droit d'un tableau peint
- des motifs inspirés de thèmes modernes: sport, moyens de transport, architecture ...
Les figures géométriques (rayures, lignes brisées...) et les larges motifs disposés sur toute la surface du kimono lui conféraient une note de liberté et d'individualisme.
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Exubérance de motifs floraux et de couleurs: narcisses sur fond de flèches stylisées, palmiers et raisins, influence art déco et art nouveau, scène de sport d'hiver, tulipes et dahlias avec plumes de paon…
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Architecture moderne avec paysage occidental

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Composition picturale occidentale

C'est au cours de cette courte période que la mode "Taishô-roman" (abréviation pour romantique) vit le jour, influencée par les courants art déco et art nouveau. De plus, la production de soie se généralisa: le style meisen devint très accessible et populaire.
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Des artistes comme Takehisa Yumeji (1884-1934) ont incarné à merveille ce nouveau style donnant une image moderne et sexy de la femme des années Taishô et du début des années 30: cheveux coupés courts et kimonos au design original rappelant les motifs occidentaux.
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Jusqu'au début du 20e siècle, les kimonos se partageaient en deux grands groupes selon que les motifs occupaient toute la surface du vêtement ou uniquement le bas.
Peu à peu, avec le changement des habitudes, les femmes réclamèrent des kimonos plus faciles à porter au quotidien, lors de leurs sorties et de leurs divertissements.
Le grand magasin Mitsukoshi fut le premier à mettre en vente le style
hômonfuku (qui devint le hômongi): moins voyant que le furisode (kimono de cérémonie à longues manches) et plus élégant que le kimono ordinaire. Le succès fut immédiat et la mode était lancée. A cette époque, aucune terminologie particulière ne lui étant attribuée, des expressions comme «vêtement pour sortir» ou puromunâdo (promenade) étaient couramment utilisées.
Toutefois, l'attrait pour le vêtement occidental et ses modes se poursuivit et il commença à remplacer le kimono chez les citadines.